lundi 17 décembre 2012

Le dernier rêve des sportifs avant la fin du monde…

Film "2012"


Bon on est d'accord, on ne croit pas à la fin du monde. On sait que, Mayas ou pas, on sera encore tous là le 22 décembre ! Mais ce genre de sinistre prédiction, même ridicule, peut pousser à des questions existentielles du genre "Que serait ma dernière volonté si je devais mourir demain ?” ou, version Le cœur des hommes, "Qu'est-ce qu'on ferait si on était moins con ?" 


Quelques athlètes de haut niveau ont accepté de se prêter au jeu et de répondre à ma question : "Quel dernier rêve sportif réaliserais-tu avant de disparaître, si c'était la fin du monde le 21 décembre ?"


Ophélie David
skicross
«Avant la fin du monde, mon rêve sportif serait de glisser sur une vague magistralement belle et puissante... Ce que, bien sûr, je suis complètement incapable de faire (c'est le principe du rêve, non ?)
Mais pour être franche, j'ai l'impression de le réaliser souvent sur mes skis. La glisse offre de telles sensations que je me demande souvent : qu'ai-je bien pu faire pour mériter autant ! Quand, en plus, il y a les gens que tu aimes avec toi, c'est vraiment de beaux moments magiques !»

Frédérick Bousquet
natation, spécialiste du 50m
«Battre le record du monde du 1 500 m!!!! ;)»

Maurice Manificat
ski de fond
«Si c'était vraiment la fin du monde, il n'y aurait personne pour se rappeler de quoi que ce soit, donc aucun intérêt de se mettre la pression. J'irais juste me placer au bon endroit pour admirer la vue sur la fin du monde. Se mettre au sommet d'une montagne ce serait top! Monter au sommet d'une montagne c'est déjà un beau moment de sport.»

Bolade Apithy
escrime
«Alors si jamais la fin du monde était fin décembre, je pense que j'irais essayer la chute libre!! Ça fait très longtemps que j'ai envie d'essayer ce sport, mais je ne prends jamais le temps! Du coup, là, je serais un peu obligé de me lancer! Je pense que j'irais le 20 comme ça si le parachute ne s'ouvre pas, je n'aurais perdu qu'un jour ;-)»

Sébastien Lacroix
combiné nordique
«C'est une bonne question, je pense que j'aimerais gagner 1 coupe du monde avant le 21 décembre! Histoire de partir tranquille!»

Ladji Doucouré
athlétisme
«Y'a pas de compète en décembre, donc je ne peux pas répondre ! Bon, sinon, les Jeux me manquent… Donc que cette compétition.»

Robin Duvillard
ski de fond
«Si la fin du monde était vraiment le 21 décembre 2012... déjà je ne pourrais pas souffler mes 29 bougies le lendemain, donc ça serait pas de cul!! Non bien sûr qu'il y a plus grave, évidemment, et je ne sais pas bien ce que je chercherais à réaliser avant l'heure fatidique.
En tant que sportif, je crois que la peur de mourir, quand elle se présente, doit vraiment permettre de faire des choses incroyables, alors je pense que je serais "insuivable" pour mes adversaires sur les coupes du monde à venir!! Sauf si bien sûr, eux aussi sont au courant de la fin du monde!
Mais en tant qu'être humain, je crois que je claquerais tout mon fric pour aller voir avec ma copine un maximum de fabuleux endroits dont cette planète recèle, histoire de partir avec de belles images en tête (si on a le droit de les emmener avec nous)!»

Mathieu Bataille
judo
«Dur la question.... Je sais pas trop ... La fin du monde je suis comme Igor et Grichka j'y crois pas...!!! ;-)
Le rêve absolu ? La breloque olympique ... La seule qui me manque ...»

vendredi 14 décembre 2012

Votez pour vos coups de cœur de l'année 2012

© La Fabrique - BNSA

Salut à tous

L'idée en cette fin d'année n'est pas de copier les autres médias qui font élire le sportif et la sportive de l'année… Mais juste de revenir sur 2012 à travers les articles de ce blog. 
Qu'est-ce qui vous a le plus marqués ? Votez à droite, dans la colonne… Un clic par question !



Choisissez "la grosse interview olympique de l'année" que vous préférez parmi ces 4 longs papiers, issus de rencontres avec des sportifs qui préparaient les JO de Londres
Pour les relire :

Les "révélations", ce ne sont pas forcément des jeunes qui débutent ! Ce sont des gens qu'on ne voit pas si souvent dans les médias, mais qui parlent bien de leur discipline et que Spoportivement a voulu mettre en avant cette année. Quelle personnalité vous a le plus touchés ?

Chez les garçons : 

Chez les filles : 

Enfin, le papier évasion, c'est un article qui fait rêver ou voyager avec des sportifs de l'extrême…
• Jeff Dor au Norseman : 

Mais si un autre papier de l'année vous a beaucoup plu, en dehors de ces sondages, faites-le savoir en commentaires de cet article !!


mercredi 12 décembre 2012

Sophie Boilley : "dans le biathlon, j'aime le surpassement de soi nécessaire en ski et la maîtrise mentale nécessaire au tir"


La saison dernière, Sophie Boilley a fini 34e du classement général de la Coupe du monde de biathlon. A son palmarès : 4 tops 20 en individuels et surtout 2 victoires et 4 podiums en relais en équipe de France, avec qui elle a aussi été vice-championne du monde. 
Elle fêtera ses 23 ans mardi prochain. En attendant, elle participe à une épreuve de Coupe du monde, la dernière avant les fêtes, en Slovénie, à Pokljula.

Début octobre, je l'ai rencontrée à la journée presse de la fédé de ski. Interview.


© P. Leroy

Tu as de bons résultats en relais… L'équipe, ça stimule ?
Oui, parce qu'on est davantage que des collègues. On se côtoie de 150 à 200 jours par an. D'ailleurs, on forme une équipe mixte, parce qu'on passe tout notre temps avec les garçons. Cela fonctionne bien. On est soudés, on développe une bonne ambiance de travail… Ça se ressent sur les relais : on a vraiment envie de les faire ensemble.

En individuel, tu avances avec les JO de Sotchi en ligne de mire ?
Oui j'y pense, c'est un gros objectif. Plus : un rêve. Cela motive mon entraînement, où je vais avec beaucoup d'envie. L'an dernier était ma première année en senior, j'ai pris mes marques. Cette année, je veux consolider mes performances pour arriver au top en 2014. Mais les JO, ce sera une course d'un jour ! Il y a tellement de facteurs, le vent, la neige, qu'il est impossible de viser une place…  

Tu as regardé les JO d'été ?
Oui et cela a contribué à mon rêve ! J'ai suivi le VTT, par exemple… 

Le biathlon est toujours un sport très attendu, les gens espèrent des médailles dans les grandes compétitions. Ressens-tu cette pression ?
Je ressens l'attente des gens en relais, mais elle reste positive pour l'instant. Je suis stressée mais ça m'aide. L'émulation est efficace : je réussis mieux ! En individuel, en revanche, je ne ressens pas cette pression. La seule contrainte, c'est de faire de mon mieux.

© www.sophieboilley.com
Comment as-tu débuté ?
Je suis à la base passionnée de sport par ma famille. En 6e, j'ai intégré le collège sport-nature, section biathlon, à La Chapelle-en-Vercors, le village de Raphaël Poirée. C'était un peu pour suivre les copains. Mais j'ai vite aimé ça : le mélange entre la glisse et l'endurance, le surpassement de soi nécessaire en ski, la maîtrise mentale nécessaire au tir, comment se calmer, se concentrer au milieu d'une course, ne plus penser à rien…

Quelles qualités possèdes-tu pour ce sport ?
D'un point de vue technique, mon meilleur atout est le tir debout. Sinon, je suis une fonceuse. Et aussi, je m'amuse, je prends du plaisir ! 

Les voyages, les nombreux déplacements, ça t'amuse aussi ?
C'est une vie de privilégiée. Mais ça ne signifie pas tout le temps la belle vie. Cela fatigue aussi, on a besoin de beaucoup de repos en fin de saison. On passe notre temps dans les hôtels, loin de la maison, séparés de nos proches. Parfois c'est dur. Et heureusement il y a des grandes joies, de grandes rigolades avec les copines !

vendredi 7 décembre 2012

Loïc Costerg, pilote de l'équipe de France : "Le bobsleigh, c'est une véritable fête foraine"

Loïc Costerg © Rodrigue Mériaux
Jusqu'au 16 décembre, La Plagne organise des épreuves de Coupe d'Europe et de Coupe du monde de bobsleigh sur l'unique piste française, celle des JO de 1992. Il y a du B2 (bob à 2) et du B4 (bob à 4).

Une personne vit cet événement d'une manière particulière : Loïc Costerg. Natif de la station, et pilote de l'équipe de France, le jeune homme de 25 ans connaît bien les lieux. Mais, ayant à cœur de bien faire devant sa famille et ses amis, il doit gérer une pression accrue. Ouf, cela a bien commencé, hier, avec une 4e place dans la deuxième course de Coupe d'Europe (présentation ici). Interview.



 Team Costerg © Rodrigue Mériaux
Foncer sur une piste glacée dans une coque de métal. Voilà le principe du bobsleigh. Très spectaculaire de l'extérieur. Mais de l'intérieur ? Loïc Costerg est fan des sensations fortes que ça provoque.

« C'est exactement comme dans un grand 8. Plus on descend, plus on accélère et il est interdit de freiner avant la fin. La vitesse, ça donne le vertige au début d'une carrière de pilote. Puis on s'y habitue. Ensuite le plaisir vient surtout de la recherche des trajectoires. Cela dit, ce n'est pas confortable. Les pousseurs sont assis directement sur la carrosserie, sans mousse, ni dossier. Ils ont la tête baissée pour supporter la pression des virages. Et le bruit, très fort à 130 km/h, reste très impressionnant. Mais c'est quand même une véritable fête foraine ! C'est incomparable… » 
© Rasta Rockett

La principale image que j'ai de ce sport, c'est "Rasta Rockett". Quand je l'évoque, Loïc trouve ce raccourci un peu injuste. 
« Le côté positif, c'est que ce film a eu du succès et que, grâce à lui, les gens connaissent notre sport. Mais le négatif, c'est que ça donne une image légère d'un sport de loisirs. Alors que nous, nous revendiquons notre professionnalisme. »

Enfin, professionnel, pas vraiment. En France, on ne vit pas du bobsleigh. Seuls les bobeurs des grosses nations (Allemagne, Canada, Russie…) ont des statuts équivalents à ceux des skieurs : sous contrats avec des administrations (police, par exemple), ils sont détachés pour le sport de haut niveau et soutenus par une fédération solide et des sponsors… Loïc et ses coéquipiers, eux, restent loin de ça.
« On travaille ou on est étudiants. Moi, je suis technicien forestier. Je pars en compétition sur mes congés payés ou sans solde. Pour l'instant, le soutien de notre fédération est flou… Le bobsleigh français était dans un trou noir après 2006. Nous revenons depuis 2 ans seulement. Et on ne voit pas clairement où est l'aide de la fédé. »

Team Costerg © Rodrigue Mériaux
Si Loïc parle de professionnalisme, c'est parce que le bobsleigh demande un énorme investissement. Pour 4 mois de compétitions, de fin octobre à fin février, c'est 8 autres mois de préparation. 
« Le bob, c'est un sport mécanique et très physique. Il exige un parfait équilibre entre 3 aspects : la qualité du matériel, la poussée et le pilotage. »

Le matériel est en constante évolution. Il ne faut pas se laisser larguer.
« L'aérodynamique s'améliore d'année en année. Les carrosseries, les châssis ou les gommes subissent des révolutions incessantes. Mais, avec le monopole de certains fabricants, cela coûte très cher : un B2 neuf vaut 60 000 euros, un B4 vaut 90 000 euros, sans les patins. Nous, quand on n'a pas les moyens, on fait du neuf avec du vieux ! On profite souvent de la fin de saison pour effectuer des tests et améliorer notre matériel. »

© Rodrigue Mériaux
La poussée se joue d'abord avec le choix de l'équipage sur des critères physiques de vitesse et de force. Un physique qu'il faut entretenir.
« Les pousseurs ont tous moins de 26 ans. Ce sont des athlètes de bon niveau qui courent le 100m en moins de 11 secondes. L'été, nous travaillons notre forme : sprint, musculation. On répète les poussées avec un chariot, sur un rail, sur une piste en tartan. »
Le poids lui fait partie intégrante du règlement. Au total, un B2 ne doit pas dépasser 390 kilos, un B4 ne doit pas dépasser 630 kilos. 
« En descente, plus le bob est lourd, plus il va vite. Mais si nos corps sont trop lourds, on pourra moins lester le matériel et ça pose problème pour la sécurité. Bref, le juste milieu, c'est d'avoir un poids de 100 à 105 kilos. »

Faut-il être amis pour être performants, en bob ?
« Il vaut mieux ! L'hiver, on passe quand même 4 mois ensemble, presque 24 heures sur 24. Notre force collective compense largement nos lacunes physiques par rapport à nos concurrents. Les pousseurs viennent du même club d'athlé, à Grenoble, où ils pratiquent le relais. On a aussi embauché un franco-italien avec qui le courant passe bien. Tout cela nourrit la confiance entre nous. Or, la confiance, ça s'avère très important en bob. »

© Rodrigue Mériaux
Reste le dernier aspect, le pilotage. Cette responsabilité (c'est le pilote qui marque les points en compétition) incombe à Loïc. Principale exigence : la bonne connaissance des tracés.
« B2 et B4 confondus, le règlement permet au maximum 6 descentes d'entraînement. Et on ne part pas tout de suite du sommet… Donc on fait peu de descentes complètes. Il faut impérativement avoir reconnu le tracé avant, en le parcourant à pied ou à l'aide de vidéos. Je l'apprends par cœur et j'élabore un plan, idéal, que je répète avant le départ. Mais ensuite, si j'aborde un virage différemment que prévu, je m'adapte, je sors le plan B !»  

Loïc, le plus âgé de l'équipage, est le premier à avoir pratiqué le bob. Il cumule donc 2 mandats : pilote et capitaine de l'équipe. Des rôles qu'il endosse avec lucidité.
« L'expérience est fondamentale pour piloter en toute sécurité. Il faut attaquer une descente seulement si on y est préparé. Si on maîtrise la vitesse, il n'y a pas de danger, les grosses chutes sont rares. Mais si on ne s'en sent pas capable, on n'y va pas. Il n'y a pas de mal à renoncer. »


CV de la Team Loïc Costerg, équipe de France de bobsleigh

La Team Costerg forme l'équipe de France de bobsleigh. Elle a évolué en Coupe d'Europe l'an dernier. Cette saison, elle est en Coupe du monde. Son but : progresser pour finir dans le Top 50 de la saison 2013-2014 afin de se qualifier pour les JO de Sotchi.

 Team Costerg © Rodrigue Mériaux

De gauche à droite sur cette photo :

Romain Heinrich -  22 ans Alsace
Club : CBLS La Plagne
Métier : ingénieur Grenoble INP, étudiant Master Administration d'Entreprise à l'IAE de Grenoble.
Discipline : lancer du poids, pousseur freineur
Record : 16m33
Palmarès : champion de France universitaire en titre (2012) au lancer du poids, vice-champion de France espoir du lancer du poids 2011 et 2012, 14e au championnat de France élite.
Trophée de meilleur espoir FFSG 2012


Loic Costerg - 25 ans - Savoie
Club : CBLS La Plagne

Métier : technicien forestier à Coforet (74)
Discipline : pilote de bobsleigh, début en 2008, premières compétitions internationales en 2010
Palmarès : 5e aux championnats du monde junior en B2. 38e au classement mondial FIBT combiné en 2011-2012 (meilleur équipage francais). Trophée de Meilleur Espoir 2012 FFSG
Qualifié en Coupe du monde saison 2012-2013.

Ivan Invernizzi - 23 ans  - Franco-Italien
Club : CBLS La Plagne
Métier : étudiant en sciences politiques
Discipline : sprint 110m haies. 
Record : 14sec49

Florent Ribet - 23 ans - Isére
Club : CBLS La Plagne
Métier : Etudiant à l'IAE de Grenoble - Master Entrepreuneuriat 
Discipline : sprint 100m et 200m, pousseur freineur
Record : 200m 21'48, 100m 10'74
Palmarès : 4 sélections en équipe de France jeune, champion de France cadet 200m, 3e au championnat de France Junior 200m. Plusieurs fois champion de France jeune sur 4x100m.

Damien Mech - 24 ans - Isére
Club : CBLS La Plagne
Métier : commercial en mobilier de bureau
Discipline : sprint 100m
Record : 10'89
Palmarès : 1 sélection en équipe de France jeune. Plusieurs fois champion de France jeune sur 4x100m. Vice-champion de France du saut en longueur cadet.

Jérémie Boutherin - 23 ans - Isére
Club : CBLS La Plagne
Métier : Commercial en matériel d'outillage
Discipline : sprint 100m, pousseur freineur
Record : 10'88
Palmarès : plusieurs fois champion de France jeune sur 4x100m.

L'équipage est :
Vice Champion de France de B2 2010
Vice Champion de France de B4 2010
(pas de championnats de France en 2011)
4émes des championnats du monde Juniors 2011 de B2 et 10émes en B4

Pour cette saison :
Lake Placid: 20e en B2 et 23e en B4
Park City (Salt Lake City) : 18e en B2 et 24e en B4
Whistler (Vancouver) : 19e en B2 et 21e en B4

Team Costerg @ Rodrigue Mériaux

mardi 27 novembre 2012

La rééducation sereine de Julien Lizeroux au CERS de Boulouris

© Instagram Julien Lizeroux
© Instagram Julien Lizeroux

La nouvelle du jour va réjouir tous les fans des sports d'hiver : Julien Lizeroux fera son retour sur la neige vendredi à Tignes. Au programme : ski libre…

Le slalomeur de 33 ans a été opéré du genou en juin 2011 et a manqué toute la saison dernière. Après des mois de repos et de rééducation (tous les détails : ici), il va rechausser les skis en compagnie d'un autre convalescent, Jean-Baptiste Grange. 

Une partie de sa rééducation s'est passée au CERS (centre européen de rééducation sportive) de Boulouris, dans le Var. Julien a répondu à mes questions sur ce lieu qu'il connaît bien.

© CERS Saint-Raphaël
© CERS Saint-Raphaël
Le CERS de Boulouris, ça ressemble à quoi ? 
C'est un centre de rééducation pour les sportifs, mais aussi pour tout le monde, situé sur la route de la Corniche à Saint-Raphaël et qui donne directement sur la mer. Juste le paradis !
Au sous-sol, il y a 2 piscines de rééducation, de la thalasso et des bains froids.
Au rez-de-chaussée : une grande salle de rééduc avec cages kinés, vélos, tapis de course, presse, biodex et des tables kinés.
Au 1er étage : une salle de muscu-proprioception-abdo… et une salle de tests kinés avec l'appareil Contrex…
Au 2e: une salle de rééduc avec des cages kinés.

© Instagram Julien Lizeroux
Quel est le planning d'une journée-type ?
Les journées se ressemblent.Voici la journée type pour une reprise terrain/rééduc.
9h : au stade d'athlé du CREPS de Boulouris pour séance d'appuis (tartan, herbe, escaliers, sable....)
11h : retour au CERS pour vélo, muscu, kiné tests ou renforcement...
12h : bain froid à 6-8 °C pendant 20 minutes
12h30 : déjeuner au CREPS de Boulouris
13h15 : rééduc en piscine
14h : électrostimulation
14h30 : course à pied sur AlterG qui réduit le poids du corps
15h : proprio ou muscu
16h : étirements, récup et massage kiné
16h30 : bain froid 20 min

© CERS Saint-Raphaël
Que trouves-tu à Boulouris qui n'existe pas ailleurs ?
La première chose, c'est le climat, les infrastructures et le panorama: le travail s'effectue dans la sérénité. La deuxième c'est qu'on est pris en charge par Roselyne Arduin, notre kiné, qui est très très très pointue dans les placements et en microkiné. On prend conscience de nos compensations. Et les outils de travail sont très performants !

A Boulouris, tu cotoies d'autres sportifs ? Dans quelle ambiance ?
Oui, il y a tout un tas de sportifs : des skieurs, mais aussi d'autres sports. La dernière fois, j'étais avec Felipe Saad, footballeur brésilien d'Ajaccio très sympa. Ou encore Damir, un basketteur de Monaco. Et Julien Kerneur, champion de kitesurf. Et aussi les handballeurs du club de St-Raphaël. L'ambiance est en général studieuse, mais rigolote et décontractée pour travailler dans la bonne humeur.

Vous parlez de vos états de santé entre vous ou y a-t-il a de la retenue ?
Oui bien sûr qu'on parle beaucoup ! Il n'y a aucune pudeur entre blessés...

© Instagram Julien Lizeroux
Là-bas, quel réconfort trouves-tu ? Comment tu te sens en général quand tu reviens ?
Ça me fait du bien surtout physiquement mais, comme je le disais, le climat apaise. J'y trouve des personnes, des infrastructures parfaites pour me remettre en forme. Quand je reviens, je suis en général bien fatigué et j'ai mal partout ! Mais après quelques jours de repos, je ressens les effets positifs. J'y suis d'ailleurs souvent allé l'hiver, 2 ou 3 jours entre les courses, pour me ressourcer et récupérer.

Après ces questions, Julien ajoute une petite anecdote savoureuse :
En janvier 2009, entre Wengen et Kitzbuhel, on décide, avec Jean-Baptiste Grange et notre préparateur Olivier Pedron, de descendre 3 jours au CERS pour faire de la récup.
Voilà notre programme :
Le dimanche, JB est sur le podium du slalom de Wengen. On attend la remise des prix à 17h. Puis on prend vite le train pour redescendre à Lauterbrunnen et récupérer les voitures pour ne pas manquer l'avion à Geneve. Direction Nice. A l'aéroport de Nice, on loue une voiture et on arrive tardivement à St-Raphaël. 
Du lundi au mercredi : récup, soins et thalasso.
Le jeudi matin, départ 4h pour prendre l'avion direction Munich. Puis une voiture nous attend pour nous emmener directement à Kitzbuhel.
Nous arrivons à midi, puis on s'habille directement en skieurs après le déjeuner pour courir une FIS d'entraînement à Westendorf, à 20min de Kitz. JB sort et je termine 2e !
Le dimanche nous donnera raison quant à notre petite escapade sudiste!!!!
(ndlr : le dimanche, à Kitzbuhel, Julien remporte sa première Coupe du monde, devant JB Grange !)

mercredi 21 novembre 2012

Johan Clarey : "L'expérience, ça enlève de la folie mais ça apporte du confort"


DR
En ski, c'est parti pour les équipes masculines de vitesse ! Les premiers entraînements officiels commencent aujourd'hui à Lake Louise, au Canada. L'épreuve de descente de Coupe du monde est prévue samedi, précédant un superG dimanche. L'équipe de France est arrivée lundi au célèbre château de Lake Louise, leur lieu de villégiature cette semaine. 



Parmi les Bleus, Johan Clarey, 31 ans, auteur d'une très belle saison 2011-2012 en descente : six top 10 en Coupe du monde, une 10e place au classement général, une 8e place aux Mondiaux.

Je l'avais rencontré à la journée presse de la fédé, début octobre à Paris. Interview d'un homme souriant qui partage, les yeux brillants, sa passion pour son sport.


Pourquoi avoir choisi la descente ?
Je ne l'ai pas choisie, elle est venue à moi ! Chez les juniors, j'avais plutôt un profil de slalomeur. Mais en 2001, j'ai fini 4e des Mondiaux juniors en descente et c'est par cette discipline que j'ai intégré l'équipe de France… 

Quelles sensations ressent-on ?
© P. Leroy
C'est énorme : on vit tellement de choses en seulement 2 minutes ! Avant le départ, on ressent de la tension. Penser à la piste et au danger génère du stress. La descente en elle-même est extrêmement grisante. C'est palpitant ! Et juste après, on éprouve la satisfaction d'avoir tout maîtrisé.

Tu as 31 ans. La maturité est un atout ?
La folie de la jeunesse nous met le trouillomètre à zéro et nous envoie souvent à l'hosto ! Alors oui, avoir de l'expérience est un plus. Cela donne une plus grande connaissance des pistes, un meilleur contrôle des passages-clés… En enlevant cette folie, cela apporte du confort pour courir. 

Quelle est ta descente préférée du calendrier ?
Beaver Creek (ndlr : aux Etats-Unis, prévue la semaine prochaine). J'adore ! Techniquement, elle est complexe, elle engendre beaucoup de vitesse, des gros sauts. Ce n'est que du bonheur ! En 2e, je mettrais Kitzbuhel, en Autriche : elle est mythique.

L'an dernier, tu étais en tête de la descente de Val Gardena quand la course a été stoppée pour raisons météo et annulée. Est-ce que ça reste une blessure ?
Non pas vraiment. Evidemment, j'ai ressenti une grosse déception parce que, pendant un moment, je m'étais vu gagner. Mais ce que je retiens, c'est que j'avais fait une belle course et que cela représente un espoir pour la suite.

C'est quoi la suite idéale ?
@ page d'accueil du site Internet 
Gagner une épreuve de Coupe du monde. J'en rêve depuis tout gamin, quand je regardais Luc Alphand. C'est envisageable ! J'ai été régulier l'an dernier. Bon, en même temps, c'est difficile de tirer des plans sur la comète… Pour réussir, il ne faut pas avoir de pépins physiques.

Il y aura des Mondiaux, en février à Schladming (Autriche), en 2013. C'est un lieu surtout connu des slalomeurs…
On y a couru une descente pour la première fois de cette année. C'était en mars, les conditions étaient faciles. Pour les Mondiaux en février, ce sera plus glacé, donc plus dur. Mais on sait déjà que ce sera beau, car les Autrichiens forment un public magnifique !

Tu entends le public en course ?
Un petit peu au départ. Mais pas en pleine vitesse ! On n'entend alors que le vent et le crissement des skis sur la neige…

Les JO de 2014, ça t'évoque quoi ?
Un but. A Vancouver, en 2010, je n'étais pas au niveau d'une médaille, je n'étais pas prêt. Si je continue à progresser et à m'amuser, je peux envisager Sotchi. En plus, la piste me plaît. 

Est-ce que, dans les JO d'été à Londres, tu as vu des choses qui t'ont inspiré, qui te permettent de tirer des leçons sur ta préparation d'ici à Sotchi ?
J'ai surtout aimé ces Français qui étaient archi-favoris et qui ont gagné. Ils n'ont pas craqué sous la pression. Pour parvenir à la même chose, personnellement, je m'entraînerai avec le même sérieux que les années précédentes… et je chercherai peut-être un petit truc en plus.

Pour parler d'un futur encore plus lointain… Dans l'idéal, tu te vois courir jusque quand ?
2015. Les Championnats du monde auront lieu à Beaver Creek. Et les finales de la Coupe du monde à Méribel ! Après ça, je pourrai prendre ma retraite.

mardi 20 novembre 2012

Djoko imite Guga devant… Guga !

Novak Djokovic était à Rio quelques jours pour promouvoir les JO 2016, inaugurer un terrain de tennis public dans la plus grande des favelas de la ville, jouer un match de foot avec des gloires locales…
Il a aussi joué un match d'exhibition avec un autre héros local, Gustavo Kuerten, triple vainqueur de Roland-Garros. L'occasion pour le Serbe de facéties comme il les aime (voir ici) ! Mais aussi de rendre hommage à Guga : « Je me souviens d'avoir pleuré quand tu as dessiné un coeur sur le central de Roland-Garros» 




http://www.lequipe.fr/Tennis/Actualites/Djokovic-fait-le-show-a-rio/328113

Coline Mattel : "Je veux mener une vie de sportive de haut niveau, plutôt qu'une vie d'ado"

Coline à Lillehammer © photo de son facebook
Vendredi, ce sera l'ouverture de la Coupe du monde de saut à skis à Lillehammer, en Norvège. Coline Mattel, 17 ans depuis le 
3 novembre, est n°1 de l'équipe de France féminine. Championne du monde junior en 2011, elle a eu la médaille de bronze aux Mondiaux seniors. En Coupe du monde, elle a fini 10e du classement général.

Je l'ai rencontrée lors de la journée presse de la fédé début octobre à Paris. Interview d'une jeune fille impressionnante de détermination.

Tu as commencé à te faire connaître à 13 ans, tu détiens plusieurs records de précocité. Mais en grandissant, tu ne pourras plus marquer ton sport de la même façon… Comment le vis-tu ?
Je suis toujours une compétitrice. J'ai toujours voulu être devant. Pas pour l'image que ça renvoie. Mais pour la performance. Pour me faire plaisir, il faut que la compétition soit alliée aux sensations fortes. Mon tempérament est ainsi fait ! Je gagnerai encore même si je ne peux plus prétendre être "la plus jeune à…" 

© facebook Esprit Glisse Caisse d'épargne
Tout le monde parle de ton mental très solide… Tu l'as encore aiguisé ?
Oui, je travaille un peu ce domaine, seule. J'ai vu 2 ou 3 fois une préparatrice mentale mais je n'y suis pas retournée… Je pratique la visualisation mentale. Mais surtout, au quotidien, je me force aux sacrifices nécessaires pour le saut. Je galère, parfois, avec cette histoire de sacrifice ! Avec le concept de "ça ne vaut pas le coup de manger des chips devant la télé". Dans ma tête, c'est clair, je ne doute jamais de ce qu'il faut faire. Mais ça peut devenir très dur à appliquer…

Tu continues tes études. Comment organises-tu ton emploi du temps ?
Le principe en sports-études, c'est de manquer le moins d'école possible et aussi de ne pas annuler de compétition pour aller en cours. Mais c'est souvent difficile de garder le rythme… Enfin, j'ai préparé mon bac scientifique en 4 ans et je dois passer les épreuves en juin prochain. Cela représentera un sacré cap, un poids en moins !

Et ensuite ?
Je ne veux pas arrêter, je veux garder un pied dans les études car j'aime ça, j'ai besoin d'être occupée au quotidien. Et je sais que ce serait difficile d'y revenir seulement à 30 ans ! J'aimerais faire une école de théâtre. 

au pavillon Gabriel le 8 octobre © P. Leroy
Tu penses déjà aux JO de Sotchi ?
Oui, ils seront marquants : ce seront les premiers Jeux olympiques pour les filles. C'est une motivation. Quand j'hésite entre raison et plaisir, Sotchi est ce qui me fait pencher vers la raison ! Je me dis "j'y serai et j'y gagnerai".

C'est donc ton objectif principal ?
Oui à moyen terme. Mon objectif en général c'est de gagner… Mais avant tout, je veux être au top à côté du saut. Je veux être sérieuse, mener une vie de sportive de haut niveau plutôt qu'une vie d'ado. Si j'y arrive, le reste viendra tout seul, j'enchaînerai les podiums. Il faut donc que je règle ce problème qui me reste, celui de l'autodiscipline, du professionnalisme. 

mardi 13 novembre 2012

Zoom sur Lüderitz, le spot des sports de glisse… en Namibie !

A. Albeau, FRA192 © Eric Bellande - Lüderitz Speed Challenge

Aujourd'hui, à Lüderitz, en Namibie, le windsurfeur français Antoine Albeau a atteint la vitesse de 50,59 nœuds (même une pointe à 53,5). C'est le record du monde ! Zoom sur cette info historique et surtout sur son lieu, improbable.

© Eric Bellande - Luderitz Speed Challenge
Lüderitz est perdue au sud de la Namibie, à
10 heures de route de la capitale de ce pays de l'Afrique australe, ancien territoire allemand. A quelques pas de cette ville, on trouve un canal magnifique. Ce bassin, long et étroit, a été tracé au milieu d'une étendue de sable aux allures de surface lunaire. 

Entre août et mars, il est exposé à des vents forts et réguliers. Ils naissent de la rencontre entre l'air froid venant de l'Atlantique et la chaleur du désert. A Lüderitz, ils sont dirigés dans un "couloir" de collines qui accentue leur vitesse. Et soufflent avec l'angle de 140° idéal pour la pratique des sports de glisse. Chaque mois, il y a 3-4 séries de 4-5 jours de vents non-stop !

© Eric Bellande - Luderitz Speed Challenge
Bref, ce canal est Le spot, le meilleur endroit du monde pour chercher la vitesse à la voile… 
Depuis 2007, la recherche de records est cadrée dans une sorte de compétition réunissant les meilleurs athlètes du monde. C'est le Lüderitz Speed Challenge
D'année en année, les records, enregistrés sur 500 mètres, ont été battus.

Cette année, le challenge a lieu durant six semaines : du 5 novembre au 2 décembre en windsurf puis du 3 au 16 décembre en kitesurf. L'objectif de cette édition était d'atteindre 50 nœuds (92 km/h) en windsurf. C'est chose faite ! En kitesurf, le record du monde, datant de 2010, est de 55,65 nœuds (102 km/h). 
Désormais, tous les riders vont viser la dizaine suivante : 60 nœuds (111 km/h) !


A. Albeau et C. Bordes en tandem, record à 38 nœuds ©DR
© Eric Bellande - Luderitz Speed Challenge 
© Eric Bellande - Luderitz Speed Challenge
le run d'Albeau :


une présentation du lieu :