mardi 24 avril 2012

basket : un panier incroyable, à l'aveugle !



Dans un match de basket en Lettonie, le joueur Armands Skele marque un panier de dingue. De dos, de loin, par chance !

lundi 16 avril 2012

La retraite d'Aurélie Revillet : "passer de la lumière à l'ombre ne me fait pas peur"



Aurélie Revillet, skieuse du groupe vitesse de l'équipe de France, a annoncé aujourd'hui la fin de sa carrière de sportive de haut-niveau.
A 26 ans, la jeune femme était depuis 4 ans dans les 30 meilleures descendeuses en Coupe  du monde… Mais ces places d'honneur ne suffisent pas : pour skier, il faut de l'engagement. Et "Auré" n'en avait plus. Elle a accepté de me l'expliquer et d'évoquer ses projets pour l'avenir.

© A. Revillet
Peut-on te demander la raison de ton arrêt ?
J'ai pris cette décision après avoir beaucoup réfléchi. Le plaisir et l'envie que je ressentais auparavant n'avaient plus leur place, et sans engagement, il devenait difficile pour moi de faire de la vitesse. Il faut pouvoir être serein au départ, et surtout oser !

Quel sentiment prédomine ? Es-tu plutôt triste, soulagée, effrayée… ? Tu te sens prête pour une autre vie ?
Les sentiments que je ressens sont bien évidemment mélangés. C'est un choix que je fais. J'ai eu pas mal de pression cette année avec mes résultats en dents de scie, donc je suis un peu soulagée d'avoir su en parler, d'avoir pris mon temps pour me décider. Mais je sais aussi que je vais avoir d'autres défis maintenant, alors c'est un beau challenge ! Cela ne me fait pas peur de passer de la lumière à l'ombre, car je suis très bien soutenue par mes proches.

Quels sont tes projets ? Vas-tu mener une carrière avec l'armée dont tu fais partie ? 
Je pense pour l'instant me tourner vers la kinésithérapie, pour pouvoir plus tard profiter aussi de mon expérience avec des équipes. Mais je ne me ferme pas de portes ! Côté ski, c'est un peu tôt pour dire si je m'impliquerai dedans. Déjà, le premier projet proche sera de passer mon Brevet d'Etat, nous avons des facilités en tant que sportifs de haut niveau pour ce diplôme.
Côté armée, j'espère pouvoir basculer en tant que réserviste opérationnelle, car l'Equipe de France Militaire de Ski nous a fait découvrir ce milieu, j'ai appris à l'apprécier et à le respecter, et j'aimerais garder un pied dedans !
Ensuite, mes vacances seront faites de randos et de planche à voile ! Ça fera longtemps que je n'aurai pas passé un "vrai" été, alors je compte bien en profiter avant de me plonger dans les études.


Aurélie, Spoportivement te souhaite une bonne continuation… 
Bon vent pour ta nouvelle vie!

vendredi 13 avril 2012

Guillaume Néry en apnée sous la glace : "c'était surréaliste"


Guillaume Néry, 29 ans, est champion du monde d’apnée. Souvent, il plonge dans des mers chaudes et bleues. Fin mars, il a été invité en Finlande par des amis pour plonger sous la glace. C’était seulement la 4e fois qu’il vivait une telle expérience… 
Il me l'a racontée cette semaine, pour un article que je ferai paraître dans Le Petit Quotidien. Interview.
« C’était atypique, inattendu de voir ce paysage de neige. Nous avons creusé 3  trous dans le lac gelé et nous avons plongé entre ces trous… L’eau était à 3 °C ! Heureusement, il y avait un chalet sur la rive pour se réchauffer dans le sauna. »

En combinaison
Guillaume portait une combinaison épaisse de 7 millimètres : « Je n’ai pas eu de frissons. Mais au bout d’un moment, je ressentais quand même le froid aux mains et aux pieds ! Alors je sortais. Au total, j’ai réussi à plonger environ 2 heures et demie. »
 

Le corps ralenti
« Informé du froid par les capteurs qui se trouvent sur le visage, le corps se met en hibernation, explique Guillaume. Par exemple, le cœur bat beaucoup plus lentement. » Son rythme cardiaque est descendu entre 20 et 30 pendant ces descentes dans l'eau glacée.

Se repérer
Dans le lac, il faut bien se déplacer entre les trous. « Si on part dans le mauvais sens, on risque de se retrouver piégé sous la glace ou dans le noir. On a donc une corde pour se repérer… Là, j’ai fait très attention et je ne me suis pas perdu. »

Tout jaune
Guillaume a plongé jusqu’à 30 mètres de profondeur. « Dans les 10 premiers mètres, c’est le plus beau. La lumière du jour traverse la glace et provoque une explosion de  jaune, d'orangé… Mes photos ne sont pas retouchées ! Je ne sais pas trop pourquoi il y a cette couleur, peut-être à cause de la composition de l'eau du lac… En tout cas, c’était magique, surréaliste et j’avais l’impression de ne plus être sur Terre. » 



© Guillaume Néry - Bluenery - ne pas utiliser sans autorisation



mardi 3 avril 2012

Christophe Lemaitre : "Je suis modeste, banal, normal, simple"

© Pauline Leroy
Lundi dernier, j'ai interviewé Christophe Lemaitre à Aix-les-Bains, la ville où il vit. La rencontre a eu lieu à l'hippodrome, où le sprinteur s'entraîne une partie de la semaine sur herbe, pour moins traumatiser tendons et muscles… et pour profiter de la fraîcheur de la verdure ! 
J'ai adoré cette rencontre. Christophe est introverti, presque mutique, et plutôt solitaire… C'est aussi un très beau jeune homme, au regard malicieux et au sourire ravageur. Tout cela le rend très attachant, et surtout fascinant.
Comment cette crevette physique, nonchalante et peu impressionnante à l'entraînement, peut-il devenir un champion aussi performant ? Justement parce que son silence et sa réserve forment une carapace très solide… Voici mon article paru aujourd'hui dans le journal l'actu.

© Pauline Leroy
RAPPEL DE SON CV
L’athlète français Christophe Lemaitre, 21 ans, a été médaillé de bronze aux Mondiaux 2011, sur 200 mètres. C'est la discipline où il est le meilleur et sûr de s’engager aux Jeux olympiques de Londres. Il détient le record deFrance en 19"80. Mais le sprinteur brille également au 100 m : il a fini 4e des Mondiaux 2011.  Il en détient aussi le record de France en 9"92.   
Le sprinteur reprendra la compétition en mai. Avant les JO (épreuves d'athlé du 3 au 12 août), il participera aux Interclubs, à quelques meetings (dont Rome le 31 mai), aux Championnats d’Europe et aux Championnats de France.

 Plus à l'aise pour poser que pour parler ! © P. Leroy
SA TIMIDITÉ
«Il est dans sa bulle». L’attachée de presse de Christophe Lemaitre nous prévient. Il est timide depuis l’enfance : «Il n’a presque pas parlé avant ses 11 ans.» La communication n’est pas son fort. «J’accepte les interviews par obligation, reconnaît-il. Si je pouvais m’en passer, je le ferais.» Après une course, l’adrénaline aidant, l’athlète se montre plus bavard pour l’analyse technique. À voir son sourire quand arrivent ses copains, même s’il reste solitaire pendant l’entraînement, on l’imagine drôle et détendu en privé. Mais là, en tête-à-tête face aux médias, parler de lui le rebute. 
SON MENTAL
Cette timidité risque-t-elle de  lui poser des problèmes, un jour ? «Je ne crois pas, répond Pierre Carraz, son entraîneur de 72 ans. Au contraire, c’est sa force. Dans la chambre d’appel, où les coureurs peuvent attendre jusqu’à 45 minutes avant une course, c’est cette bulle qui déstabilise ses adversaires…» Selon lui, le mental s’impose comme le principal atout de Christophe. «Il ne doute pas, contrairement à d’autres, comme le Jamaïcain Asafa Powell.» Christophe approuve. Même s’il sera encore plus mûr en 2016, il est persuadé de pouvoir «faire un gros coup» dès cette année aux JO. «Je suis très mauvais perdant, justifie-t-il. L’échec m’énerve: je jure, je crie. C’est unique. Certains rêvent de briller sans avoir cette envie absolue de ne pas perdre. Moi je l’ai.» 

Une haltère de 17 kilos dans chaque main… © P. Leroy
SON PHYSIQUE 
Si le mental est donc un acquis, ce n’est pas le cas du physique. «Déjà, Christophe a un gros défaut : une alimentation pas adaptée. Il ne mange ni fruits ni légumes, peste Pierre Carraz. Sinon, il a progressé en musculature mais pour l’instant, il reste moins fort que ses adversaires.» Christophe a 2 particularités : un grand gabarit 
d’1 m 90 (avec de longues jambes) et la raideur. «Un défaut qui devient une qualité, précise l’entraîneur, car on ne recherche pas la souplesse pour le sprint. La raideur de ses chevilles l’aide à rebondir sur la piste…» 

© Pauline Leroy
SON ENTRAîNEMENT
Christophe est réputé pour ses mauvais départs. «Mais ça se travaille en répétant la poussée sur les starting-blocks et en développant la masse musculaire», relativise Pierre Carraz. Au programme, 2 heures d’entraînement quotidiennes, entre 18 et 20 h. Alternent donc la musculation, du travail de vitesse, des séances sur piste sur des longueurs de 60 à 150 m et d’autres de 150 à 250 m. Christophe n’apprécie pas les distances plus longues : «Trop fatigant…  De toute façon, au-dessus de 100 m, je n’aime pas !», plaisante-t-il.

SON GROUPE
Christophe collabore avec Pierre Carraz depuis 2005. «Il est docile, il pige vite. Il dit souvent non, mais il le fait quand même», raconte le coach. Leur groupe peut réunir jusqu’à 30 athlètes. «L’esprit de club rend les entraînements plus amusants…», dit Christophe. Il y a quelques années, il a refusé une offre d’un grand club parisien. À Aix-les-Bains, au milieu des montagnes, l’environnement sain et familial colle avec ses valeurs.

Christophe est à l'aise devant les objectifs…
Pour cette séance avec Marcel Hartmann pour
Sport&Style de février 2012, il n'a fallu qu'un peu
de musique et 2 heures de pose !
SON IMAGE
Ces mêmes valeurs le guident quand il doit choisir un sponsor ou un partenaire avec qui signer : «L’image qui me correspond ? Quelqu’un de modeste, banal, normal, simple, qui ne se prend pas la tête». Pourtant, il a fait des photos de mode, très belles : «Parce qu’elles ont été retouchées», ment-il en riant. La frime, ce n’est pas son truc. Le luxe non plus : «L’argent, je m’en fous. Je n’en dépense pas beaucoup.»   


ET EN DEHORS DE L'ATHLE ?
Sport. «Avant de me consacrer à l’athlétisme, j’ai fait du foot, du hand, du rugby, pour être avec les potes. J’assiste à des matchs de hockey sur glace. J’aime parce que c’est “bourrin”. Mais je ne pratique pas, parce que ce genre de coups, je préfère les voir que les recevoir !»
Jeux vidéo. «J’aime tous les styles. En ce moment : Battlefield III.»
Ordinateur. «Je gère moi-même mon facebook (Christophe Lemaitre Officiel) et mon site  (http://christophelemaitre.com). J’essaie aussi de répondre à tous les courriers que je reçois.»
Études.  «Elles me donnent un bagage… mais ce n’est pas ce que je préfère ! Je suis en DUT génie électrique et informatique industrielle. Une filière de 2 ans que je ferai en 3 ou 4… J'allais en cours à la fac d'Annecy tous les matins, pour 3 ou 4 heures. Mais depuis cet hiver et jusqu’aux JO, j’ai suspendu ces cours, qui prennent trop de temps.»

video

Vidéo : Pauline Leroy, montage et commentaire : Ugo Emprin, source : www.monquotidien.fr