mardi 27 novembre 2012

La rééducation sereine de Julien Lizeroux au CERS de Boulouris

© Instagram Julien Lizeroux
© Instagram Julien Lizeroux

La nouvelle du jour va réjouir tous les fans des sports d'hiver : Julien Lizeroux fera son retour sur la neige vendredi à Tignes. Au programme : ski libre…

Le slalomeur de 33 ans a été opéré du genou en juin 2011 et a manqué toute la saison dernière. Après des mois de repos et de rééducation (tous les détails : ici), il va rechausser les skis en compagnie d'un autre convalescent, Jean-Baptiste Grange. 

Une partie de sa rééducation s'est passée au CERS (centre européen de rééducation sportive) de Boulouris, dans le Var. Julien a répondu à mes questions sur ce lieu qu'il connaît bien.

© CERS Saint-Raphaël
© CERS Saint-Raphaël
Le CERS de Boulouris, ça ressemble à quoi ? 
C'est un centre de rééducation pour les sportifs, mais aussi pour tout le monde, situé sur la route de la Corniche à Saint-Raphaël et qui donne directement sur la mer. Juste le paradis !
Au sous-sol, il y a 2 piscines de rééducation, de la thalasso et des bains froids.
Au rez-de-chaussée : une grande salle de rééduc avec cages kinés, vélos, tapis de course, presse, biodex et des tables kinés.
Au 1er étage : une salle de muscu-proprioception-abdo… et une salle de tests kinés avec l'appareil Contrex…
Au 2e: une salle de rééduc avec des cages kinés.

© Instagram Julien Lizeroux
Quel est le planning d'une journée-type ?
Les journées se ressemblent.Voici la journée type pour une reprise terrain/rééduc.
9h : au stade d'athlé du CREPS de Boulouris pour séance d'appuis (tartan, herbe, escaliers, sable....)
11h : retour au CERS pour vélo, muscu, kiné tests ou renforcement...
12h : bain froid à 6-8 °C pendant 20 minutes
12h30 : déjeuner au CREPS de Boulouris
13h15 : rééduc en piscine
14h : électrostimulation
14h30 : course à pied sur AlterG qui réduit le poids du corps
15h : proprio ou muscu
16h : étirements, récup et massage kiné
16h30 : bain froid 20 min

© CERS Saint-Raphaël
Que trouves-tu à Boulouris qui n'existe pas ailleurs ?
La première chose, c'est le climat, les infrastructures et le panorama: le travail s'effectue dans la sérénité. La deuxième c'est qu'on est pris en charge par Roselyne Arduin, notre kiné, qui est très très très pointue dans les placements et en microkiné. On prend conscience de nos compensations. Et les outils de travail sont très performants !

A Boulouris, tu cotoies d'autres sportifs ? Dans quelle ambiance ?
Oui, il y a tout un tas de sportifs : des skieurs, mais aussi d'autres sports. La dernière fois, j'étais avec Felipe Saad, footballeur brésilien d'Ajaccio très sympa. Ou encore Damir, un basketteur de Monaco. Et Julien Kerneur, champion de kitesurf. Et aussi les handballeurs du club de St-Raphaël. L'ambiance est en général studieuse, mais rigolote et décontractée pour travailler dans la bonne humeur.

Vous parlez de vos états de santé entre vous ou y a-t-il a de la retenue ?
Oui bien sûr qu'on parle beaucoup ! Il n'y a aucune pudeur entre blessés...

© Instagram Julien Lizeroux
Là-bas, quel réconfort trouves-tu ? Comment tu te sens en général quand tu reviens ?
Ça me fait du bien surtout physiquement mais, comme je le disais, le climat apaise. J'y trouve des personnes, des infrastructures parfaites pour me remettre en forme. Quand je reviens, je suis en général bien fatigué et j'ai mal partout ! Mais après quelques jours de repos, je ressens les effets positifs. J'y suis d'ailleurs souvent allé l'hiver, 2 ou 3 jours entre les courses, pour me ressourcer et récupérer.

Après ces questions, Julien ajoute une petite anecdote savoureuse :
En janvier 2009, entre Wengen et Kitzbuhel, on décide, avec Jean-Baptiste Grange et notre préparateur Olivier Pedron, de descendre 3 jours au CERS pour faire de la récup.
Voilà notre programme :
Le dimanche, JB est sur le podium du slalom de Wengen. On attend la remise des prix à 17h. Puis on prend vite le train pour redescendre à Lauterbrunnen et récupérer les voitures pour ne pas manquer l'avion à Geneve. Direction Nice. A l'aéroport de Nice, on loue une voiture et on arrive tardivement à St-Raphaël. 
Du lundi au mercredi : récup, soins et thalasso.
Le jeudi matin, départ 4h pour prendre l'avion direction Munich. Puis une voiture nous attend pour nous emmener directement à Kitzbuhel.
Nous arrivons à midi, puis on s'habille directement en skieurs après le déjeuner pour courir une FIS d'entraînement à Westendorf, à 20min de Kitz. JB sort et je termine 2e !
Le dimanche nous donnera raison quant à notre petite escapade sudiste!!!!
(ndlr : le dimanche, à Kitzbuhel, Julien remporte sa première Coupe du monde, devant JB Grange !)

mercredi 21 novembre 2012

Johan Clarey : "L'expérience, ça enlève de la folie mais ça apporte du confort"


DR
En ski, c'est parti pour les équipes masculines de vitesse ! Les premiers entraînements officiels commencent aujourd'hui à Lake Louise, au Canada. L'épreuve de descente de Coupe du monde est prévue samedi, précédant un superG dimanche. L'équipe de France est arrivée lundi au célèbre château de Lake Louise, leur lieu de villégiature cette semaine. 



Parmi les Bleus, Johan Clarey, 31 ans, auteur d'une très belle saison 2011-2012 en descente : six top 10 en Coupe du monde, une 10e place au classement général, une 8e place aux Mondiaux.

Je l'avais rencontré à la journée presse de la fédé, début octobre à Paris. Interview d'un homme souriant qui partage, les yeux brillants, sa passion pour son sport.


Pourquoi avoir choisi la descente ?
Je ne l'ai pas choisie, elle est venue à moi ! Chez les juniors, j'avais plutôt un profil de slalomeur. Mais en 2001, j'ai fini 4e des Mondiaux juniors en descente et c'est par cette discipline que j'ai intégré l'équipe de France… 

Quelles sensations ressent-on ?
© P. Leroy
C'est énorme : on vit tellement de choses en seulement 2 minutes ! Avant le départ, on ressent de la tension. Penser à la piste et au danger génère du stress. La descente en elle-même est extrêmement grisante. C'est palpitant ! Et juste après, on éprouve la satisfaction d'avoir tout maîtrisé.

Tu as 31 ans. La maturité est un atout ?
La folie de la jeunesse nous met le trouillomètre à zéro et nous envoie souvent à l'hosto ! Alors oui, avoir de l'expérience est un plus. Cela donne une plus grande connaissance des pistes, un meilleur contrôle des passages-clés… En enlevant cette folie, cela apporte du confort pour courir. 

Quelle est ta descente préférée du calendrier ?
Beaver Creek (ndlr : aux Etats-Unis, prévue la semaine prochaine). J'adore ! Techniquement, elle est complexe, elle engendre beaucoup de vitesse, des gros sauts. Ce n'est que du bonheur ! En 2e, je mettrais Kitzbuhel, en Autriche : elle est mythique.

L'an dernier, tu étais en tête de la descente de Val Gardena quand la course a été stoppée pour raisons météo et annulée. Est-ce que ça reste une blessure ?
Non pas vraiment. Evidemment, j'ai ressenti une grosse déception parce que, pendant un moment, je m'étais vu gagner. Mais ce que je retiens, c'est que j'avais fait une belle course et que cela représente un espoir pour la suite.

C'est quoi la suite idéale ?
@ page d'accueil du site Internet 
Gagner une épreuve de Coupe du monde. J'en rêve depuis tout gamin, quand je regardais Luc Alphand. C'est envisageable ! J'ai été régulier l'an dernier. Bon, en même temps, c'est difficile de tirer des plans sur la comète… Pour réussir, il ne faut pas avoir de pépins physiques.

Il y aura des Mondiaux, en février à Schladming (Autriche), en 2013. C'est un lieu surtout connu des slalomeurs…
On y a couru une descente pour la première fois de cette année. C'était en mars, les conditions étaient faciles. Pour les Mondiaux en février, ce sera plus glacé, donc plus dur. Mais on sait déjà que ce sera beau, car les Autrichiens forment un public magnifique !

Tu entends le public en course ?
Un petit peu au départ. Mais pas en pleine vitesse ! On n'entend alors que le vent et le crissement des skis sur la neige…

Les JO de 2014, ça t'évoque quoi ?
Un but. A Vancouver, en 2010, je n'étais pas au niveau d'une médaille, je n'étais pas prêt. Si je continue à progresser et à m'amuser, je peux envisager Sotchi. En plus, la piste me plaît. 

Est-ce que, dans les JO d'été à Londres, tu as vu des choses qui t'ont inspiré, qui te permettent de tirer des leçons sur ta préparation d'ici à Sotchi ?
J'ai surtout aimé ces Français qui étaient archi-favoris et qui ont gagné. Ils n'ont pas craqué sous la pression. Pour parvenir à la même chose, personnellement, je m'entraînerai avec le même sérieux que les années précédentes… et je chercherai peut-être un petit truc en plus.

Pour parler d'un futur encore plus lointain… Dans l'idéal, tu te vois courir jusque quand ?
2015. Les Championnats du monde auront lieu à Beaver Creek. Et les finales de la Coupe du monde à Méribel ! Après ça, je pourrai prendre ma retraite.

mardi 20 novembre 2012

Djoko imite Guga devant… Guga !

Novak Djokovic était à Rio quelques jours pour promouvoir les JO 2016, inaugurer un terrain de tennis public dans la plus grande des favelas de la ville, jouer un match de foot avec des gloires locales…
Il a aussi joué un match d'exhibition avec un autre héros local, Gustavo Kuerten, triple vainqueur de Roland-Garros. L'occasion pour le Serbe de facéties comme il les aime (voir ici) ! Mais aussi de rendre hommage à Guga : « Je me souviens d'avoir pleuré quand tu as dessiné un coeur sur le central de Roland-Garros» 




http://www.lequipe.fr/Tennis/Actualites/Djokovic-fait-le-show-a-rio/328113

Coline Mattel : "Je veux mener une vie de sportive de haut niveau, plutôt qu'une vie d'ado"

Coline à Lillehammer © photo de son facebook
Vendredi, ce sera l'ouverture de la Coupe du monde de saut à skis à Lillehammer, en Norvège. Coline Mattel, 17 ans depuis le 
3 novembre, est n°1 de l'équipe de France féminine. Championne du monde junior en 2011, elle a eu la médaille de bronze aux Mondiaux seniors. En Coupe du monde, elle a fini 10e du classement général.

Je l'ai rencontrée lors de la journée presse de la fédé début octobre à Paris. Interview d'une jeune fille impressionnante de détermination.

Tu as commencé à te faire connaître à 13 ans, tu détiens plusieurs records de précocité. Mais en grandissant, tu ne pourras plus marquer ton sport de la même façon… Comment le vis-tu ?
Je suis toujours une compétitrice. J'ai toujours voulu être devant. Pas pour l'image que ça renvoie. Mais pour la performance. Pour me faire plaisir, il faut que la compétition soit alliée aux sensations fortes. Mon tempérament est ainsi fait ! Je gagnerai encore même si je ne peux plus prétendre être "la plus jeune à…" 

© facebook Esprit Glisse Caisse d'épargne
Tout le monde parle de ton mental très solide… Tu l'as encore aiguisé ?
Oui, je travaille un peu ce domaine, seule. J'ai vu 2 ou 3 fois une préparatrice mentale mais je n'y suis pas retournée… Je pratique la visualisation mentale. Mais surtout, au quotidien, je me force aux sacrifices nécessaires pour le saut. Je galère, parfois, avec cette histoire de sacrifice ! Avec le concept de "ça ne vaut pas le coup de manger des chips devant la télé". Dans ma tête, c'est clair, je ne doute jamais de ce qu'il faut faire. Mais ça peut devenir très dur à appliquer…

Tu continues tes études. Comment organises-tu ton emploi du temps ?
Le principe en sports-études, c'est de manquer le moins d'école possible et aussi de ne pas annuler de compétition pour aller en cours. Mais c'est souvent difficile de garder le rythme… Enfin, j'ai préparé mon bac scientifique en 4 ans et je dois passer les épreuves en juin prochain. Cela représentera un sacré cap, un poids en moins !

Et ensuite ?
Je ne veux pas arrêter, je veux garder un pied dans les études car j'aime ça, j'ai besoin d'être occupée au quotidien. Et je sais que ce serait difficile d'y revenir seulement à 30 ans ! J'aimerais faire une école de théâtre. 

au pavillon Gabriel le 8 octobre © P. Leroy
Tu penses déjà aux JO de Sotchi ?
Oui, ils seront marquants : ce seront les premiers Jeux olympiques pour les filles. C'est une motivation. Quand j'hésite entre raison et plaisir, Sotchi est ce qui me fait pencher vers la raison ! Je me dis "j'y serai et j'y gagnerai".

C'est donc ton objectif principal ?
Oui à moyen terme. Mon objectif en général c'est de gagner… Mais avant tout, je veux être au top à côté du saut. Je veux être sérieuse, mener une vie de sportive de haut niveau plutôt qu'une vie d'ado. Si j'y arrive, le reste viendra tout seul, j'enchaînerai les podiums. Il faut donc que je règle ce problème qui me reste, celui de l'autodiscipline, du professionnalisme. 

mardi 13 novembre 2012

Zoom sur Lüderitz, le spot des sports de glisse… en Namibie !

A. Albeau, FRA192 © Eric Bellande - Lüderitz Speed Challenge

Aujourd'hui, à Lüderitz, en Namibie, le windsurfeur français Antoine Albeau a atteint la vitesse de 50,59 nœuds (même une pointe à 53,5). C'est le record du monde ! Zoom sur cette info historique et surtout sur son lieu, improbable.

© Eric Bellande - Luderitz Speed Challenge
Lüderitz est perdue au sud de la Namibie, à
10 heures de route de la capitale de ce pays de l'Afrique australe, ancien territoire allemand. A quelques pas de cette ville, on trouve un canal magnifique. Ce bassin, long et étroit, a été tracé au milieu d'une étendue de sable aux allures de surface lunaire. 

Entre août et mars, il est exposé à des vents forts et réguliers. Ils naissent de la rencontre entre l'air froid venant de l'Atlantique et la chaleur du désert. A Lüderitz, ils sont dirigés dans un "couloir" de collines qui accentue leur vitesse. Et soufflent avec l'angle de 140° idéal pour la pratique des sports de glisse. Chaque mois, il y a 3-4 séries de 4-5 jours de vents non-stop !

© Eric Bellande - Luderitz Speed Challenge
Bref, ce canal est Le spot, le meilleur endroit du monde pour chercher la vitesse à la voile… 
Depuis 2007, la recherche de records est cadrée dans une sorte de compétition réunissant les meilleurs athlètes du monde. C'est le Lüderitz Speed Challenge
D'année en année, les records, enregistrés sur 500 mètres, ont été battus.

Cette année, le challenge a lieu durant six semaines : du 5 novembre au 2 décembre en windsurf puis du 3 au 16 décembre en kitesurf. L'objectif de cette édition était d'atteindre 50 nœuds (92 km/h) en windsurf. C'est chose faite ! En kitesurf, le record du monde, datant de 2010, est de 55,65 nœuds (102 km/h). 
Désormais, tous les riders vont viser la dizaine suivante : 60 nœuds (111 km/h) !


A. Albeau et C. Bordes en tandem, record à 38 nœuds ©DR
© Eric Bellande - Luderitz Speed Challenge 
© Eric Bellande - Luderitz Speed Challenge
le run d'Albeau :


une présentation du lieu :

dimanche 11 novembre 2012

Plongée dans le Dean's blue hole avec Morgan Bourc'his : "l'obscurité incite à être concentré sur soi…"

© Suunto Vertical Blue


© facebook G. Néry
Les apnéistes français Guillaume Néry et Morgan Bourc'his viennent d'arriver aux Bahamas pour une compétition qui se déroulera du 20 au 30 novembre. 
Le "Suunto Vertical Blue 2012" rassemblera plus de 50 plongeurs de 21 pays, hommes et femmes, les meilleurs du monde. Ce rendez-vous marque la fin de saison. Son vainqueur empochera une prime de 20 000 dollars, la plus forte jamais décernée dans ce sport ! Attention, ça risque de plonger très très profondément… Records en vue ?

L'intérêt de cette compétition, c'est surtout le lieu où elle se déroule. Le Dean's blue hole, ou "trou bleu de Dean", situé dans une baie proche de Clarence Town, capitale de Long Island, l'une des îles de l'archipel. Un "trou bleu", c'est un gouffre vertical dans la mer, une grotte immergée, un puits naturel… Celui des Bahamas est le plus profond du monde : 202 mètres.  
DR

© Morgan Bourc'his



© Morgan Bourc'his
Morgan Bourc'his a déjà plongé dans le Dean's blue hole, pour les Mondiaux 2009. Il a accepté de me livrer ses souvenirs et ses photos, avant d'y faire son retour…

Comment accède-t-on au Dean's blue hole?
Très facilement. Un chemin depuis la route principale y mène en quelques minutes. Il est très bien signalé. On parvient à une belle plage protégée par une petite falaise en arc-de-cercle, comme une virgule. Au commencement de celle-ci, se trouve le trou bleu en question.

Une fois au bord, c'est vertigineux ?
Ce n’est pas très grand mais on comprend que ce gouffre descend très profond. Cette sensation est renforcée par des colonnes de sable qui y tombent régulièrement telles des cascades. A l’automne, l’eau est encore à 25-26°C.
D’après les schémas réalisés suite à des explorations du site, ce trou a la forme d’un sablier asymétrique. La partie basse étant plus grande et plus large que la partie haute par laquelle on pénètre. Il y a des galeries qui communiquent avec la mer à certaines profondeurs.

Te souviens-tu de la première fois que tu y as plongé ?
Ma première plongée était empreinte d’attention et de mystère. Mais je me suis très vite adapté à l’endroit. Je l’ai même beaucoup apprécié.

Quelle est l'impression créée par l'obscurité ?
Personnellement, j’ai apprécié l’obscurité grandissante au fur et à mesure des descentes effectuées. Elle m’a incité à être d’avantage concentré sur moi-même, elle avait un effet très contenant. 

© Morgan Bourc'his
Comment est-ce aménagé pour les plongeurs ?
Il y a très peu d’aménagement. Seul un ponton de quelques mètres carrés siège au milieu, sur lequel sont fixés une potence avec le câble de performance et d’autres pour les échauffements.

Que voit-on le long des parois ? 
Il y a quelques petits poissons tropicaux sur les bords, mais aussi d’autres plus imposants à l’intérieur. On les nomme des tarpons. Ce sont de très vieux poissons, quasiment préhistoriques, qui peuvent mesurer entre 1m et 1,50m, recouverts de grosses écailles et à la tête relativement peu sympathique… Mais ils sont complètement inoffensifs. J’ai vu des photos d’un poisson-scie d’environ 3m.
Les parois sont assez pauvres, on y rencontre quelques algues.

Qu'éprouve-t-on quand on débouche dans la partie plus large ?
Etant donnée que l’obscurité apparaît très vite, on ne se rend pas bien compte que l’on pénètre dans la partie la plus large. Pas d’immensité naissante d’un seul coup. Pourtant la partie basse mesure 100m de diamètre.

C'est impressionnant ?
Très impressionnant. Mais fascinant en même temps. Cela peut être dangereux pour des baigneurs pas bons nageurs qui s’aventureraient là… Il est conseillé aux familles de bien surveiller leurs enfants. Après, il n’y a pas plus de risque qu’une plongée qui se déroulerait en pleine mer à Marseille ou à Nice.

A l'idée de retourner là-bas, tu ressens quoi ?
J’espère retrouver les mêmes sensations, et j’avoue que je suis très impatient d’y retourner pour descendre encore plus profond avec des objectifs ambitieux.


Guillaume Néry y a déjà plongé aussi. Il y a même tourné, avec sa compagne Julie Gautier, le sublimissime Free fall, dont on ne lasse pas.
© Free Fall - Néry

                                   

samedi 10 novembre 2012

Mathide Serin, championne de kitesurf : "en freestyle, on réalise une véritable chorégraphie et on s'évade"


Mathilde Serin, 23 ans, est la toute nouvelle championne de France de kitesurf. Un sport-passion qui lui permet de concilier tout ce qu'elle aime : les sensations, sa famille et les voyages… Interview toute gaie.


Elle se définit comme souriante et volontaire. Compétitrice dans l'âme, voulant toujours se mesurer aux autres. Elle dit aussi qu'elle aime prendre l'avion, découvrir de nouvelles cultures, jouer au tennis, faire du surf et du paddle, et naviguer sous le soleil… Elle parle d'un ton enjoué, avec une pointe d'accent méridional, et on la devine bavarde. Mais pour définir son sport, Mathilde n'a qu'un seul mot. 
« La liberté ! Cette sensation est bien supérieure qu'en planche à voile, où on a la voile devant les yeux. En kitesurf, il n'y a rien devant soi, juste la mer. Belle, apaisante. On oublie systématiquement les tracas du quotidien. »
La jeune fille a déjà touché au kitesurf slalom - parcours entre 7 bouées - et à la race - sorte de "régate". Mais c'est en freestyle, sa discipline préférée, qu'elle a été sacrée championne de France.
« Le freestyle est le plus spectaculaire. Il faut enchaîner des figures dans un heat (ndlr : une série) de 7 minutes. On s'envole ! Et quand on pose ces figures, qu'on a visualisées dans sa tête avant, on réalise une véritable chorégraphie, un peu comme en patinage artistique… Alors on s'évade réellement. » 
Le championnat de France a eu lieu à Saint-Pierre-la Mer, dans l'Aude. Mathilde, qui vit à un quart d'heure, jouait à domicile ! 
« Je connaissait la tramontane, difficile à gérer à cause de sa violence et de son irrégularité.  Donc c'était un avantage. Mais j'avais aussi plus de pression. J'avais tellement envie de bien faire dans cette région ! »
Plus qu'une région, une terre natale, là où tout a commencé. Originaire de Béziers, Mathilde a débuté le sport dans le sillage de ses parents.
« Ils faisaient de la planche à voile et du kite. Ils m'ont initiée à l'âge de 13-14 ans. Mon frère Paul aussi ! Après avoir été champion de France junior l'an dernier, il est 5e chez les seniors cette année. Lui et moi, on s'accompagne souvent dans les compétitions. Je voyage aussi avec mon copain, Julien Kerneur, n°3 mondial en race. Voyager ensemble s'avère plus pratique, plus facile… Et bon pour le moral ! On n'a pas de coach, mais au moins on a les proches. Chez moi, on est très famille alors c'est important. » 
Ces voyages mènent souvent Mathilde loin de sa mer Méditerranée. Le circuit s'arrête par exemple dans les pays d'Europe du Nord où le kite-surf est populaire et où les fédérations ont des moyens.
« On va souvent en Allemagne, en Hollande… Il y fait froid, c'est horrible ! Attendre sur la plage entre les heats, toute mouillée, dans le froid… je déteste ça ! »

Heureusement, Mathilde va aussi chercher vers le Sud les conditions optimales pour le kitesurf : un vent de 20 nœuds, des eaux à 25 °C, une mer relativement plate… Elle a aimé le Maroc, prépare une escapade en Afrique du Sud en février 2013 et rêve d'aller un jour à Hawaï. Mais surtout, elle est sous le charme du Brésil. Depuis trois ans, elle passe les fêtes de fin d'année à Icarai de Amontada, au nord du pays, où un ami français est installé. 
« Là-bas, il a toujours fait beau. Le mode de vie est tranquille, sans stress. Le matin, quand le vent se lève, j'ai juste envie d'aller à l'eau… Et je ne suis jamais déçue. L'an dernier, pendant 20 jours, j'ai toujours eu du vent… J'en venais même à souhaiter qu'il faiblisse, ne serait-ce qu'une demi-journée, pour me reposer ! »
Cette année, quand elle sera de nouveau au Brésil, elle essaiera de faire une vidéo avec son frère Paul. Pour l'instant, ils cherchent LA bonne idée de scénario. Le but ? Mieux communiquer sur son sport. 
« Les garçons du top 10 mondial peuvent vivre du kitesurf. Chez les filles, c'est beaucoup plus difficile. Seul le top 3 mondial est pro. Comme nous n'avons pas le statut de sportif de haut-niveau, la fédération ne peut pas nous aider. La quête des sponsors est donc essentielle… Il faut faire rêver, par exemple en faisant des photos en maillot de bain ou en réalisant des films qui font le buz. Moi j'ai assuré mes arrières en suivant un cursus de kiné à Limoges, je suis en dernière année. Mais je veux m'accorder un an pour tenter réellement ma chance dans le kitesurf. La partie recherche de financements ne sera pas une partie de plaisir car moi, ce que j'aime vraiment, c'est naviguer. »

© photos appartenant à Mathilde, publiées avec son autorisation