vendredi 10 mai 2013

Le ping-pong de compétition : une balle en rotation à 50 tours par seconde !

© Beucher 
Si je dis « ping-pong », vous pensez vacances, partie dans le jardin, barbecue… Mais ce sport se pratique aussi au très haut niveau. Les Championnats du monde organisés à Paris offrent l’occasion d’un zoom.   

5 millions de pratiquants, seulement 200 000 licenciés. Un fossé sépare la pratique loisirs du ping-pong à celle en clubs. La différence se marque même dans le vocabulaire. « On utilise tennis de table pour la compétition et ping-pong pour les loisirs, précise Laura Gasnier, 19 ans. Mais entre compétiteurs, on dit tous “ping”. Et si on nous qualifie de joueurs de ping-pong, on ne le prend pas pour une insulte ! Finalement, tous ces mots, c’est pareil ».

Laura Gasnier © Sogorb
Les mots sont pareils, mais pas le jeu. « Nos raquettes ont davantage d’accroche donc nous contrôlons beaucoup plus nos gestes qu’un joueur lambda », explique Laura.  « Deux chiffres permettent de se rendre compte de notre technique, précise Christophe Legout, 39 ans, n°4 français. D’abord la vitesse de notre balle, jusqu’à 200 km/h. Et surtout sa vitesse de rotation : 3 000 tours par minute, soit 50 tours à la seconde ! » 

La différence se crée dans les nombreux effets donnés à la balle grâce à l’inclinaison de la raquette et à l’explosivité du joueur. Dans leur préparation physique, les pongistes travaillent leur vitesse de déplacement avec beaucoup de course, de vélo et d’exercices ciblés sur les pieds. « Nous nous mettons à la table pour renvoyer des balles en ciblant des pas particuliers : par exemple des latéraux chassés, puis croisés… », raconte Laura qui assure au moins 20 heures d’entraînement hebdomadaire.

Inconvénient de cette technique minutieuse : cela ne rend pas les matchs télégéniques. « La vitesse n’est pas visuelle, regrette Christophe. Un joueur lui-même ne voit pas toujours la balle passer… C’est compliqué pour le public d’accepter qu’un n°3 mondial rate beaucoup de coups. » En plus, les Français sont loin d’être favoris dans un sport ultra-dominé par les Chinois. « En France, il faudrait un très bon joueur et une médaille aux Jeux olympiques pour devenir médiatisés », admet Christophe. Mais le manque de notoriété ne représente pas forcément un problème. « Notre fédération a des moyens, j’ai un salaire sympa, dit Laura. Ça ne me dérange pas de ne pas passer à la télé tous les soirs.  Je m’occupe de mon sport. Et pour marquer les esprits, mon rêve est de faire une performance aux Mondiaux à Paris…» 

Mondial Ping, championnats du monde de tennis de table, du 13 au 20 mai au Palais Omnisports de Paris-Bercy.  Site : www.mondial-ping.com

vendredi 8 mars 2013

des sportifs rendent hommage aux sportives


Aujourd'hui c'est la journée de la Femme. J'ai demandé à des sportifs de me dire quelle sportive les a marqués récemment.


Robin Duvillard (champion de ski de fond)
©lequipe.fr
« Marrait Bjoergen pour parler du ski de fond. C'est énorme ce qu'elle fait : elle devient la plus titrée de notre sport devant Bjørn Dæhlie, 10 ans après son premier titre. C'est impressionnant la longévité et surtout la gestion des saisons où elle ne court pas toutes les courses pour être toujours performante dès qu'elle est au départ!
Un bel exemple et une sportive très disponible, souriante et qui ne se prend pas pour une star, je suis fan ! »


Loïc Costerg (champion de bobsleigh)
photo de 2010 © P. Leroy
« Une sportive m'a marqué récemment et cela m'a fait plaisir pour elle. Il s'agit de Marion Rolland. Beaucoup se moquait après sa chute à Vancouver (qui était survenue suite à une grave blessure) mais elle a su revenir, faire preuve de patience pour gagner cette année le titre de championne du monde en descente. Et en plus, cela faisait un sacré moment qu'une française ne l'avait pas fait ! Chapeau ! »


Facebook
Bolade Apithy (champion d'escrime)
« Alors facile : Lucie Decosse. Aux Jeux, c'était la classe !! Elle y va pour gagner, elle y va et elle gagne ! What else !! Elle a tout gagné, c'est une grande championne. T'es obligé de respecter ça ! »




Jean-François Dor (triathlète, a couru le Norseman)
« C'est ma compagne, Laurence, une femme de sportif qui n'était pas du tout préparée et qui a fait le soutien, seule tout au long du Norseman ! Levée minuit, crise de stress qui l'a handicapée tout au long de la course, gestion des ravitos et de l'organisation, encouragements tout au long des 15 heures 42 de course ! Couchée minuit… Avec comme seule récompense la montée du Gaustatoppen le lendemain avec 3 furieux ! Alors oui Laurence m'a vraiment impressionnée en Norvège et c'est une très belle preuve d'amour qui m'a vraiment touché ! »


Pascal Siegrist (lecteur du blog, fan de ski et de rallye)
« Tessa Worley. Pour sa course et donc son titre en championnat du monde à Schlaming. »


© Milka Ski Stars
Rodrigue Mériaux (lecteur du blog, promoteur du club de bobsleigh de la Plagne et de l'équipe de France)
« Je dirais que la sportive du moment c'est la skieuse slovéne Tina Maze qui fait une saison d'anthologie, avec un nombre vertigineux de victoires et de podiums, marquant un nombre impressionnant de points. Cela lui a permis, dimanche, de devenir la meilleure skieuse de l'histoire sur une saison, hommes et femmes confondus!
Elle est également en passe de remporter absolument TOUS les globes de cristal sur une seule saison, c'est du jamais vu!! Une extra terrestre... »


DR
Frédéric Porte (fidèle lecteur du blog)
« La sportive qui m'a marqué c'est Roberta Mancino, une plongeuse et parachutiste (en base jump notamment). Certes, elle joue de son physique avantageux mais elle fait partager des vidéos de chute libre avec sa wingsuit absolument époustouflantes. »


Victor Muffat-Jeandet (jeune skieur, membre de l'équipe de France)
« J'avoue que dans un premier temps ta question n'a pas été facile : je me rends compte qu'en tant que sportif masculin, on s'identifie moins aux performances féminines et donc elles nous marquent moins que les masculines. Je te rassure ce n'est pas du tout du sexisme ni du machisme mais c'est juste un constat que je viens de découvrir suite à ta question.
Nous suivons beaucoup le ski féminin mais il est plus difficile de suivre tous les autres sports. Je pourrais donc te citer beaucoup de belles performances féminines dans le ski (la médaille de Tessa notamment, la saison de Tina Maze) mais je trouve cette solution un peu facile !
Année olympique oblige, j'ai pu quand même retrouvé pas mal de belles performances sportives dans mes souvenirs.
© P. Leroy
Après réflexion la sportive qui m'a le plus marqué est Camille Muffat car je pense que la natation est vraiment un sport très difficile où la charge de travail est colossale et où les entraînements sont très difficiles sur tous les plans, mentalement et physiquement.
Sinon, j'apprécie les performances sportives des femmes en athlétisme car elles sont aussi basées sur le travail et l'abnégation. J'aime également la puissance, la domination et le mental d'une Serena Williams en Tennis.
A titre plus personnel, ma petit belle-sœur pratique le haut-niveau en aviron (championne du monde junior). Elle est en ce moment à la découverte du circuit universitaire américain. Sa préparation, ses entraînements (muscu, aviron...) et son investissement m’impressionnent beaucoup et pourraient servir d'exemples à de nombreux sportifs et sportives qui croient faire le maximum.
Pour conclure, mon amie (préparatrice physique et chercheuse dans les domaines du sport et de la santé) me soutient énormément dans ma pratique et est passionnée par ce qui touche au sport. Pour moi c'est donc elle la femme la plus sportive et la plus marquante ! »




vendredi 4 janvier 2013

la skieuse Laurie Mougel : "Le slalom est un combat que j'aime"

 au pavillon Gabriel © P. Leroy
Laurie Mougel est l'une des athlètes que j'ai interviewés à la journée presse de la fédé de ski début octobre à Paris et dont je n'ai pas encore publié le portrait.
Sa 5e place, ce vendredi, au slalom de Zagreb me donne l'occasion de le faire. C'est la meilleure performance de sa carrière !



Au moment de l'interview, Laurie attaquait la saison 2012-2013 avec l'envie d'oublier la précédente, décevante. Elle n'imaginait sans doute pas faire cette 5e place…
« L'an dernier, j'ai été bonne à l'automne mais je n'ai fait mon premier vrai résultat qu'en février, trop tard. De mauvais enchaînements m'ont fait perdre confiance en moi. Cette année, je veux mieux gérer les résultats et bien finir l'hiver… Objectif : rentrer dans le top 20 au classement général de la Coupe du monde de slalom. Et terminer davantage de courses dans les 15 ou même 10 premières places. J'aimerais aussi aller aux Mondiaux, me qualifier, finir dans les 15. » 
Si elle progresse assez vite, Laurie pourrait même participer aux JO de 2014 à Sotchi. Un rêve pour cette jeune skieuse de 24 ans. Sa vocation, elle la doit à son héritage familial. 
« J'ai baigné dans le ski dès l'enfance, à Serre-Chevalier. Mes 2 parents étaient en équipe de France dans les années 1980. » 
Nulle en descente (c'est elle qui le dit), elle se tourne rapidement vers les disciplines techniques : 
« Je suis plus explosive que téméraire. En slalom, il y a peut-être moins de sensations qu'en vitesse, mais il se passe plein de choses entre les piquets. On est sur le fil, à chercher le bon rythme, sans avoir le temps de réfléchir. On se prend des coups même si on est bien protégés… C'est un combat que j'aime ! »
Pour préparer ce combat, la préparation physique chaque été est une étape essentielle. 
« Nos stages ont des thèmes variés et j'aime tout essayer ! Nous avons fait de l'escalade, par exemple, pour travailler sur notre centre de gravité, apprendre à bien sentir nos appuis et mesurer l'importance de l'engagement. J'en avais déjà fait un peu mais j'ai trouvé cela très sympa. »
La préparation estivale, puis toute la vie en compétition, se fait en groupe, tradition de l'équipe de France… Je demande à Laurie comment elle s'y sent. 
«  Je suis discrète, pas une meneuse. Mais dans ce groupe, je suis copine avec tout le monde. On a le même âge, on se connaît depuis 10 ans… Ce n'est pas toujours facile à gérer parce qu'on est concurrentes sur la piste. Mais, à côté de ça, on passe tout notre temps ensemble, on s'aide, on partage. C'est très agréable. De toute façon, ce serait trop compliqué et trop cher de chercher, toute seule, les conditions de neige pour s'entraîner. »

à Zagreb © facebook Esprit Glisse Caisse d'Epargne


Un œil dans le rétro : vos coups de cœur 2012


Voici les résultats de vos votes sur les sondages concernant mes articles de l'année 2012…
Il n'y a, hélàs, pas eu beaucoup de votants :-( 


LA GROSSE INTERVIEW OLYMPIQUE DE L'ANNÉE : Teddy Riner (42% des voix)
Teddy Riner (3 février)
  30 (42%)

Christophe Lemaitre (3 avril)
  14 (19%)

Jo-Wilfried Tsonga (26 mai)
  2 (2%)

Les nageurs français (21 juillet)
  25 (35%)


Nombre de votes : 71 



LA "RÉVÉLATION" MASCULINE DE L'ANNÉE : le skieur Alexis Pinturault (34% des voix)
Morgan Bourc'his - apnée (2 septembre et 11 novembre)
  21 (30%)

Antoine Albeau - windsurf (7 octobre)
  12 (17%)

Alexis Pinturault - ski alpin (31 octobre)
  24 (34%)

Yohan Clarey - ski alpin (21 novembre)
  4 (5%)

Loïc Costerg - bobsleigh (7 décembre)
  8 (11%)


Nombre de votes : 69 



LA "RÉVÉLATION" FÉMININE DE L'ANNÉE : l'athlète Marie-Amélie Le Fur (67% des voix)

Sarah Labrousse et Chloé Willhelm - natation synchro (28 janvier)
  0 (0%)

Marie-Amélie Le Fur - athlétisme handisport (2 septembre)
  93 (67%)

Mathilde Serin - kitesurf (10 novembre)
  33 (24%)

Coline Mattel - saut à skis (20 novembre)
  4 (2%)

Sophie Boilley - biathlon (12 décembre)
  7 (5%)


Nombre de votes : 137 



LE PAPIER ÉVASION DE L'ANNÉE : Jeff Dor, le Norseman  (38% des voix)
Apnée : Guillaume Néry sous la glace (13 avril)
  11 (22%)

Surf : la magie du mascaret (14 septembre)
  11 (22%)

Triathlon : Jeff Dor, le blues du Norseman (26 septembre)
  19 (38%)

Parapente : Jean-Baptiste Chandelier, il marche et il vole en même temps (19 octobre)
  9 (18%)


Nombre de votes : 50